Notre Poison Quotidien de Marie-Monique Robin

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Je viens de voir, hier le 26 Janvier 2011, le film de Marie-Monique Robin « Notre poison quotidien » sur la RTBF. Les mots me manquent pour exprimer ce que je ressent. C’est édifiant, consternant, tous simplement incroyable !

Si vous ne l’avez pas vu, programmez vos enregistrements, il sera rediffusé le 7 février 2011 sur la TSR (Suisse) et le 15 mars sur ARTE, à 20 heures 40 (Le même jour le livre et le DVD seront disponibles).

Ci-dessous, un petite vidéo réalisée à la fin du montage du film dans la salle de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), producteur du film. C’était après cinq mois de travail intense et la fatigue est visible!!

Marie-Monique Robin déclare:

J’espère sincèrement qu’il permettra de revoir de fond en comble le système de réglementation des produits chimiques qui contaminent et empoisonnent notre assiette quotidiennement, malgré tous les efforts de ceux que le sociologue allemand Ulrich Beck appelle « les magiciens des taux limites », dans son livre « La société du risque. »

Avant de revenir, dans un prochain commentaire, sur la notion de Dose journalière acceptable (DJA) et de « Limite maximale de résidus » (LMR), je transcris quelques ligne de La société du risque , un livre fondamental pour tous ceux qui veulent comprendre comment on en est arrivé à cette situation de contamination généralisée, considérée comme un « dégât colatéral » inévitable du « progrès », fût-ce au prix de dizaines de milliers de morts et de malades.

« Les sciences telles qu’elles ont été conçues – avec leur répartition du travail ultraspécialisée, leur appréhension des méthodes et de la théorie, leur absence totale de rapport avec la praxis – se révèlent totalement incapables de réagir de façon adéquate aux risques liés à la civilisation, pour la bonne raison qu’elles participent activement à leur naissance et à leur développement, écrit le sociologue allemand. Elles se muent bien plutôt – que ce soit avec la bonne conscience de la « scientificité pure » ou avec des scrupules croissants – en protecteurs et légitimateurs d’une pollution industrielle planétaire de l’air, de l’eau, de l’alimentation, etc., et du déclin et du dépérissement des plantes, des animaux et des hommes qui en résultent ».

Puis, Ulrich Beck consacre de longues pages aux « scientifiques spécialistes du risque » qu’il appelle les « magiciens » ou les « acrobates des taux limites » : « Comme les scientifiques ne sont jamais totalement inconscients, ils ont inventé bien des mots , des méthodes et des chiffres pour masquer leur inconscience. Le mot « taux limite » est l’une des façons les plus répandues de dire que l’on ne sait rien (…) Les taux limites de présence « acceptable » de substances polluantes et toxiques dans l’air, l’eau et l’alimentation réussissent le tour de force d’autoriser les émissions polluantes tout en légitimant leur existence, tant qu’elle se cantonne en deçà de valeurs établies . En limitant la pollution, on fait le jeu de la pollution (…) Il est possible que les taux limites permettent d’éviter le pire, mais ils servent aussi à « blanchir » les responsables : ils peuvent se permettre d’empoisonner un peu la nature et les hommes (…) Les taux limites sont les lignes de repli d’une civilisation qui s’entoure elle-même de substances polluantes et toxiques en surabondance. L’exigence de non-intoxication, qui paraît pourtant le fait du bon sens le plus élémentaire, est donc rejetée parce qu’utopique (…) Les taux limites ouvrent la voie à une ration durable d’intoxication collective normale (…) Ils assurent une fonction de désintoxication symbolique. Ils font office d’anxiolytiques symboliques contre l’accumulation d’informations catastrophiques sur la pollution. Ils indiquent qu’il y a des gens qui se donnent du mal et qui restent vigilants». Et le sociologue allemand de conclure par un commentaire acerbe sur les « constructeurs de taux limites » qui, à ses yeux, sont des « chimistes magiciens de l’ère post-industrielle », doués de « talents de voyance extralucide » et d’un « troisième œil » : « En fin de compte, il s’agit de déterminer jusqu’ où on peut aller sans que l’intoxication soit une intoxication, et à partir de quand une intoxication est une intoxication (…) il est difficile de voir dans tout cela autre chose qu’une façon très élégante et très chiffrée de déclarer : nous non plus nous ne savons pas.».

A la fin du reportage, un professeur explique (trop brièvement malheureusement) qu’il est possible, avec 90% de chance de réussite, de guérir du Cancer entièrement naturellement via notre alimentation quotidienne. Pour de plus amples informations, lisez « Cancer, sortez de la boîte » qui synthétise 15 ans de recherche sur le sujet.

Pour plus d’informations, sur le film « Notre Poison Quotidien » visitez le blog de Marie-Monique Robin

janvier 27th, 2011|

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